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Caricatura Camille Flammarion

Camille Flammarion, caricature for the magazine Les Hommes d'aujourd'hui. Getty Images

Une soire au chat noir

A street scene in Paris, showing the façade of Le Chat Noircabaret, ca. 1900. Getty Images.

Petit Journal

Satirical frontpage of thenewspaper Le Petit Journal regarding the Dreyfus Affair, 1898. Getty Images.

Le saviez-vous...?

GROS TITRES D’UNE FIN DE SIÈCLE AGITÉE

Le projet Didaktika propose aux visiteurs de compléter les contenus des expositions moyennant des espaces éducatifs et des activités enrichissantes. Ce sera l’occasion de s'immerger dans le cadre sociopolitique et culturel tourmenté qui vit naitre à Paris l'art des dernières décennies du XIXe siècle.

La presse joua un rôle majeur dans la diffusion d’information sur les évènements recoupant l'actualité, la politique et la culture, et contribua ainsi à façonner l’opinion publique sur les sujets traités. Les journaux et les hebdomadaires publiaient les «  faits divers » (délits, accidents et tragédies résumés en quelques lignes), lesquels suscitaient des polémiques et des débats politiques et sociaux, alimentés sur les trottoirs mais aussi dans les cafés et les salons où les intellectuels se réunissaient.

Cet espace didactique s’en inspire et présente à travers les gros-titres des journaux, une sélection de faits majeurs qui ont influencé les artistes de l'époque aiguisant leurs opinions et leur création.

L'affaire Dreyfus provoqua un débat politique qui révéla la montée de l'antisémitisme et la clameur nationaliste en France. Simultanément, la prolifération des cabarets était condamnée car perçue comme un symptôme de décadence sociale. La sensation générale d'anxiété semblait augmenter due aux nouvelles alarmantes concernant les maladies mentales, notamment les cas de suicides et d’hystérie féminine. Les gros-titres annonçaient par ailleurs tous les progrès technologiques, les dernières recherches et découvertes, les nouvelles techniques artistiques et témoignaient de l’effervescence culturelle et scientifique de cette période.

TURBULENCES POLITIQUES : L'AFFAIRE DREYFUS

Paris, 1894. L'affaire Dreyfus divise l'opinion publique
Le capitaine français d'origine juive-alsacienne, Alfred Dreyfus est accusé de trahison pour avoir livré des documents au Gouvernement allemand. Plusieurs intellectuels — notamment l'écrivain Émile Zola dans sa célèbre lettre "J'accuse", publiée par la presse — qualifient le Gouvernement français d'antisémite, alors que la presse nationaliste demande la mort de l'officier.

L'origine de la tension entre la France et l'Allemagne datait de la guerre franco-prussienne de 1870-71, à l'issue de laquelle la France perdit les territoires d'Alsace et de Moselle (Loraine). Cette perte avait engendré une méfiance généralisée vis à vis de toute personne issue de cette région d'origine germanique, de surcroît si elle travaillait pour le Gouvernement ou l'Armée française.

LA DÉCADENCE MORALE : LA POPULARITÉ DES CABARETS ET DES CAFÉS-CONCERT

Paris, 1881. L'artiste Rodolphe Salis ouvre à Montmartre le tout premier cabaret « Le Chat Noir »
Les cabarets, lieux de rencontre fréquentés par les artistes et intellectuels, proliféraient à Paris, et suscitèrent des mises en garde des secteurs les plus conservateurs de la ville, qui dénonçaient leur existence car ils estimaient que leurs clients étaient des véritables spécimens de la décadence morale de la société.

Les cabarets étaient des espaces de divertissement nocturne où se rendaient majoritairement des hommes de différentes classes sociales. Ils y assistaient à des spectacles et commentaient l’actualité de la ville, autant de secrets et ragots ensuite relayés intentionnellement ou pas, par toute la société parisienne.

Après Le Chat Noir, de nombreux cabarets ouvrirent leurs portes, dirigés et concourus par les artistes. Ils proposaient différentes atmosphères sur des thèmes variés ; par exemple, le cabaret de L'Enfer attirait les parisiens férus d’occultisme et mettait en scène l’entrée de l'Enfer grâce à des murs décorés de squelettes, sans oublier les cercueils qui servaient de tables. À contrepied, le cabaret Le Ciel, situé à côté de son pendant infernal, représentait le Paradis, et les clients y étaient servis par des serveurs habillés en anges.

L'ANGOISSE : LE SUICIDE

Pont des Arts, Paris, 1906. L'anxiété augmente à Paris: les cas de suicide se multiplient
Une femme ayant sauté du Pont des Arts est repêchée des eaux de la Seine. Les faits dramatiques survenus rue Saint-Sébastien et sur le Pont des Arts corroborent l’augmentation du taux de suicide dans la capitale française. Parmi les principales causes de cette propagation d'angoisse vitale dans une ville qui grandissait de façon incontrôlée, étaient pointées, la recrudescence du crime, les cas de folie et les difficultés économiques que subissait un grand nombre de concitoyens.

Il était courant de lire ces faits divers à la une des journaux parisiens comme Le Petit Journal, Le Petit Parisien, Le Figaro ou La Dépêche, qui les relayaient à base de dessins, contribuant ainsi à aggraver la sensation d'angoisse omniprésente dans la population.

L'ANGOISSE : L'HYSTÉRIE

Paris, ca. 1887. Le neurologue Jean-Martin Charcot diagnostique de nouveaux cas d'hystérie
À la fin du XIXe siècle de nombreux cas d’hystérie et de maladies mentales furent diagnostiqués.

L'hystérie qui provient du grec hysteron, (“utérus”) était définie comme une maladie mentale qui se manifestait chez le patient sous forme d’angoisse présentant divers symptômes physiques ou psychiques, tels que des convulsions, une paralysie ou des hallucinations. Jean-Martin Charcot (1825─1893), dénommé le père de la neurologie moderne, exposa ses études sur l'hystérie dans Leçons sur les maladies du système nerveux (1879).

Dans un contexte d’intense répression de la sexualité féminine, la plupart des cas d'hystérie furent diagnostiqués chez des femmes, la maladie étant reliée spécifiquement à leur appareil de reproduction. La science allait donc être utilisée pour renforcer la misogynie de l'époque.

LES PROGRÈS TECNOLOGIQUES : L'IMPACT DES PROJECTIONS CINÉMATOGRAPHIQUES

Paris 1895. Paris fait une projection cinématographique publique
Le 22 mars 1895, plus de 200 personnes se rassemblèrent à la Société d'encouragement pour l'industrie nationale de Paris pour voir La Sortie de l'usine Lumière à Lyon. Il s'agissait d'une des premières projections cinématographiques publiques de l'histoire. Organisée par les frères Auguste et Louis Lumière qui avaient inventé un projecteur de cinéma, ils offrirent une expérience inoubliable, quasi traumatique, au groupe de personnes qui assistèrent ébahis à cette projection d'images en mouvement. Les 46 secondes que dura le court métrage marquèrent un tournant dans l'histoire de l'art des images animées. Le cinéma venait de faire ses premiers pas.

Cette découverte captiva un visionnaire : Georges Méliès, un jeune illusionniste qui, après avoir hérité d'une fortune en 1888 décida d'acheter aux frères Lumière leur cinématographe ; comme ces deniers refusèrent, il trouva un appareil similaire qu'il perfectionna et construisit son propre studio de cinéma. Avec ses films, Méliès allait devenir une figure clé des débuts de l'industrie cinématographique.

MARIAGE ENTRE SCIENCE ET MYSTICISME : LES THÉORIES DE CAMILLE FLAMMARION

Paris, 1880. L'astronome Camille Flammarion propose de se servir de la science comme un outil pour accéder aux mystères de l'univers
Camille Flammarion popularisa la science grâce à ses écrits. Son œuvre majeure, Astronomie populaire, qui parut en 1880 fut très bien reçue par les classes moyennes françaises. L'astronome proposa de marier science et religion, définissant le spiritisme (l'étude de certaines forces occultes) comme "la religion scientifique".

« Car, Messieurs» —affirme Flammarion— « le spiritisme n'est pas une religion, mais c'est une science, science dont nous connaissons à peine l'a b c. Le temps des dogmes est fini. La nature embrasse l'univers, et Dieu lui-même, qu'on a fait jadis à l'image de l'homme, ne peut être considéré par la métaphysique moderne que comme un Esprit dans la nature. »

La fin de siècle fut un période au cours de laquelle la science et les croyances religieuses semblaient incompatibles. De nombreux scientifiques niaient d’ailleurs l’existence de Dieu et de l'âme. Flammarion, en revanche, proposa une vision connectant la science à la religion.

L'EXPLORATION DES TECHNIQUES VISUELLES : LE JAPONISME

Paris, 1892. Siegfried Bing, galeriste et collectionneur, contribue au succès de la Société des amis de l'Art japonais
Le marchand allemand nationalisé français, Samuel Siegfried Bing contribua à l'expansion de la Société des amis de l'Art japonais, d’origine britannique, qui allait permettre aux amateurs d'art oriental de se rassembler huit fois par an dans différents lieux de Paris afin de partager et exprimer leur admiration pour l'art japonais.

La mode de l'art et de l’estampe japonais suscita un vif engouement à Paris au milieu du XIXe siècle suite à la reprise du commerce avec le Japon et aux Expositions Universelles qui virent le jour à cette période, authentiques vitrines des objets du lointain Empire du soleil levant. Ces expositions firent connaître une culture et des endroits d'un grand exotisme, ainsi que de somptueux objets et matériaux, comme les tissus, les verreries, la peinture, la porcelaine ou le mobilier. Cette fascination décida Bing à fonder la Société des amis de l'Art japonais, à publier la revue Le Japon Artistique (publiée tous les mois entre 1888 à 1891) et à ouvrir une boutique-galerie qui deviendrait particulièrement célèbre, la Maison de l'Art Nouveau (1895-1901).

L'EXPLORATION DE TECHNIQUES VISUELLES :  LA SCIENCE DE LA COULEUR

Paris, 1886. Le critique d'art Félix Fénéon décrit la volonté des néo-impressionnistes dont Paul Signac, de créer des illusions optiques à travers de nouvelles techniques picturales comme le pointillisme
L'exploration de nouvelles techniques picturales caractérisa l'art de cette fin de siècle et offrit de nouvelles possibilités et alternatives par rapport aux peintures à l’huile classiques, et aux aquarelles, dessins, gravures, xylographies et lithographies de l'époque. Le pointillisme fut une des innovations les plus marquantes : ce style consistait à juxtaposer sur la toile de minuscules points de couleurs primaires, de sorte que l’œil du spectateur, "composait" l'image qui en résultait ; des artistes comme Henri-Edmond Cross et Georges Seurat cherchèrent à transcender la représentation de la réalité pure et simple, et eurent recours au pointillisme pour transmettre sensations et émotions dans leur peinture.

"Le peintre doit réveiller l'émotion à travers les harmonies de la ligne et de la couleur —qu'il peut organiser suivant ses désirs et ses besoins—, et non à travers ses thématiques". [Paul Signac]

Activités

Une conversation sur l'art du Paris, fin de Siècle

Une conversation sur l'art du Paris, fin de Siècle

Mercredi 10 mai

Conversation entre Vivien Greene, commissaire de l’exposition Paris, fin de siècle et Cornelia Homburg, conservatrice de l'Art Gallery de l'Université de Washington et experte en art français de la fin du XIXe, sur l'art et les artistes du Paris de la fin de siècle.

Lieu et horaire: Auditorium du Musée, 19h00.
Entrées gratuites, sur retrait obligatoire aux guichets du Musée.

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Réflexions partagées Paris fin de Siècle

Réflexions partagées

Découvrez les coulisses du montage et bien d'autres curiosités de cette exposition en assistant aux visites exceptionnelles proposées par les professionnels du Musée.

Vision curatoriale Mercredi 7 juin Paris, fin de siècle, Manuel Cirauqui, Conservateur du musée
Concepts clé Mercredi 31 mai Paris, fin de siècle, Marta Arzak, Sous-directrice d'Éducation et Interprétation.

*Mécénat : Fondation Vizcaína Aguirre

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Projections, les origines du cinéma avec DJ Live

Projections, les origines du cinéma avec DJ Live

Samedis 27 mai et 3 juin

Appréciez les tous premiers enregistrements du cinéma des frères Lumière et de Georges Méliès qui seront accompagnées d'un choix musical de vinyles mixés en direct.

Lieu et horaire : Auditorium du Musée, 19h00
Entrées : 4 € Amis du Musée et 6 € public général

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Cours : Découvrez les mélodies françaises de la fin du Siècle

Cours : Découvrez les mélodies françaises de la fin du Siècle

Mardi 16, 23 et 30 mai ; jeudi 8 juin ; mardi 13 et 20 juin

Les mardis après-midi, venez découvrir la musique des compositeurs les plus en vogue du Paris de la fin du XIXe siècle avec la professeure Teresa Merino Guereñu.

Lieu et horaire : Espace éducatif du Musée, de 18h00 à 19h00. La session incluant la visite durera 90 minutes.

*Collaboration avec la Société Philarmonie de Bilbao

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Ressources

Audioguide et guides adaptés

Audioguide et guides adaptés

Les audioguides, disponibles à l'entrée du Musée, permettent d’approfondir l'information sur les œuvres de chaque exposition.

Consultez auprès du guichet d'Information la disponibilité d'audio/vidéo guides pour les personnes souffrant d'un handicap cognitif, auditif et/ou visuel. 

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Visites Express

Courtes visites gratuites qui favorisent une transmission concrète et dynamique des contenus artistiques. Consultez les thèmes, les langues et les points de rencontre au Guichet Information.

Horaire: du mardi au vendredi, à 17h00; samedis et dimanches 12h30 et 13h30. Non disponible les jours fériés sauf les dimanches. Durée: 30 min
Entrées: activité gratuite comprise dans l'entrée du Musée. Places limitées (minimum 5; maximum 20 personnes, sans réservation préalable et suivant l'ordre d’arrivée)

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